Le symbolisme de la fortune

Publié le par Dictionnaire des Symboles

FortuneFortuna, la Fortune,  est la divinité du destin. Ni bonne, ni mauvaise, elle est indifférente au sors des mortels. Elle symbolise le caprice et l’arbitraire qui commande l’existence.  Pourtant, lorsqu’elle est assimilée à Isis et à Tyché, elle incarne le bonheur éphémère de l’homme et devient la déesse de la chance. A la fin de la république romaine, elle est de plus en plus conçue comme attachée à certains hommes politiques. Elle devient en quelque sorte une déesse personnelle, une incarnation du destin favorable des hommes de pouvoir. Jules César, par exemple, croyait que grâce à elle, il ne pouvait perdre aucune bataille. Au moyen Âge, on confond le dieu grec Kairos et la déesse Fortuna.

La fortune est représentée  sous les traits d’une femme qui fait tourner une roue. Parfois elle se tient en équilibre sur une sphère qui roule ou qui flotte sur l’eau. On l’a rencontre aussi dans l’iconographie avec une corne d’abondance ou dirigeant un gouvernail, mais son principal attribut est la roue qui matérialise les fluctuations du sort.

Rien n’est acquis dans notre monde. Celui qui trône au sommet de l’échelle sociale aujourd’hui se verra précipiter dans la boue un autre jour. De même, celui qui rampe au font du gouffre pourra respirer à l’air libre dans des temps meilleurs car la roue tourne imperturbablement. Tel est le message de la Roue de fortune, arcane X du tarot de Marseille. Bâtie sur le modèle de l’univers visible, la roue de fortune en intègre le symbolisme. Rien n’est fixe dans le cosmos sauf l’axe central, l’Axe du Monde matérialisé par l’étoile polaire et la pierre levée, le menhir, la montagne sacrée, ou l’arbre. La fortune est une image du mouvement du cosmos et de sa rotation autour de la Polaire, mais aussi du rythme des saisons, de l’alternance du jour et de la nuit, des cycles lunaires, de la course du soleil, de la course du Zodiaque dans le ciel, de la répétition des solstices marqués dans la chrétienté par la Saint-Jean d’été et la Saint-Jean d’hiver. Le recommencement est sans fin, inexorable.

La déesse Fortuna était vénérée le 5 avril et le 25 mai, et la Fortune virile, le 11 juin. Le latin fortuna dérive de fors : sort, hasard.

 

Références

________________________

Battistini, Matilde, Symboles et allégories, coll. Guide des arts, Hazan, Paris, 2004.

Cazenave, Michel (sous la direction de), Encyclopédie des symboles, Librairie Générale Française, Paris, 1996.

Chevalier, Jean ; Gheerbrant, Alain, Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1982.

 

 

 

Publié dans Allégorie

Commenter cet article

Eryndel 14/05/2011 21:58



Cet article synthétise à la perfection l'historique de la symbolique de la Fortune.